Le procès Merah tourne au procès des services de l’Etat

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Alors que l’IGPN, la police des polices, avait déjà pointé des défaillances au sein des services de renseignement français dans l’affaire Merah, le procès du frère du terroriste islamique apporte lui aussi son lot de révélations. Nous vous relations dans le bulletin de ré-information d’hier, comment l’ancien patron du renseignement toulousain, Christian Balle-Andui, s’était heurté à une hiérarchie obnubilée par la piste de l’ultra-droite.

Celle-ci n’avait pas jugé bon de tenir compte de la note classifiée qu’il leur avait transmis le 15 mars 2012, jour de l’attentat de Montauban qui coûta la vie à deux militaires, et dans laquelle il listait une douzaine de suspects potentiels, parmi lesquels Mohammed Merah… Christian Balle-Andui a également affirmé avoir été empêché de visionner les images de vidéo-surveillance de la tuerie de 15 mars.

L’histoire s’arrête-t-elle là ? On sait en effet que Merah était fiché S entre 2006 et 2010. Comment les services ont-ils pu se laisser berner ainsi ?

L’ancien-patron du renseignement toulousain insiste sur cet aspect particulièrement trouble de l’affaire. Lors de son audition comme témoin, il raconte par le menu le rendez-vous de « débriefing préventif », organisé en novembre 2011 par la Direction centrale du Renseignement intérieur, quelques semaines après le retour de Mohammed Merah d’un voyage de deux mois au Pakistan.

Selon lui, « son caractère dangereux n’est pas paru évident. Il leur a semblé naturel et ils ont jugé que l’on pouvait s’orienter, compte-tenu de son esprit curieux et voyageur, vers un recrutement ». Le 21 février 2012, l’administration centrale transmet une note, quelques semaines seulement avant la première attaque de Merah. « Mohamed Merah a un esprit ouvert, malin. Il n’entretient aucune relation avec un réseau terroriste, il a un profil voyageur », peut-on lire dans ce document qui encourage à vérifier la fiabilité du jeune homme et non sa dangerosité.

Qu’en pense Bernard Squarcini, patron de la DCRI à l’époque des faits ?

Après avoir annoncé dans un premier temps qu’il ne viendrait pas à la barre pour témoigner, celui qu’on surnomme le Squale a finalement confirmé sa présence au procès du frère Merah demain jeudi. Mais croit savoir le quotidien Libération, il ne répondra pas aux questions de la cour.

Ce dernier se retrancherait derrière son statut de témoin assisté dans un dossier connexe, ouvert à la suite d’une plainte « pour mise en danger de la vie d’autrui » déposée par le père d’une victime de Merah. Dommage, car dès 2012, il avait défendu bec et ongles la théorie selon laquelle Mohammed Merah était un « loup solitaire », un point de vu démenti par les révélations du procès ..

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