La gauche qui vote FN : un phénomène réel mais minoritaire

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Le politologue Pascal Perrineau vient de publier un livre intitulé « Cette France de gauche qui vote FN » . Il revient avec force chiffres sur ce phénomène incontestable:

des électeurs de gauche, qui se revendiquent parfois expressément comme de gauche, votent FN.

En termes de flux, Perrineau estime qu’un tiers du surcroît d’électeurs de Marine Le Pen entre 2012 et 2017 viendrait de la gauche. En termes de stock, ce sont cependant seulement 6% des électeurs de Marine Le Pen en avril dernier qui se disaient « plutôt de gauche ».

Ce phénomène du frontisme de gauche est donc clairement minoritaire ?

Pascal Perrineau le rappelle explicitement : sa thèse n’est pas que le FN est devenu un parti de gauche. En revanche, il estime que la dynamique du Front national depuis 2012 est à mettre au crédit d’une inflexion politique plus ouverte à gauche, à savoir la ligne Marine Le Pen-Philippot.

Le 1er tour des législatives a confirmé que, dans les Hauts de France, le FN a pour partie remplacé le PCF et le PS dans l’électorat populaire.

Perrineau décrit là un phénomène réel. Mais son analyse est celle d’un politologue et non d’un stratège politique. D’une part – et il en convient –, ces électeurs de gauche ne sont pas seulement venus au FN pour son discours social, mais aussi pour son discours sur l’immigration. D’autre part, ce que Marine Le Pen a gagné d’un côté – cet électorat issu de la gauche –, elle l’a reperdu de l’autre côté : c’est cet électorat bourgeois ou même de classes moyennes, ou tout simplement âgé, qui se détourne du FN.

Ce positionnement ni droite ni gauche condamne le FN à l’isolement politique et donc à l’éternel échec.

Le second tour de la présidentielle l’a montré avec fracas. L’électorat de gauche a très peu voté Marine Le Pen. L’électorat de centre-droit offrait davantage de réserves de voix. Mais cet électorat de centre-droit a été dissuadé par le discours gauchisant de Marine Le Pen. Or, sans lui, aucune majorité électorale n’est possible.

Pascal Perrineau préfère quant à lui pointe le manque de « gouvernementalité » de Marine Le Pen.

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1 réflexion sur « La gauche qui vote FN : un phénomène réel mais minoritaire »

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