Election présidentielle en Iran : le peuple choisit la continuité au sein d’un régime atypique

rohani

Une victoire confortable selon les chiffres

Après un unique tour de scrutin vendredi 19 mai, le président sortant Hassan Rohani a été réélu pour un second mandat de quatre ans. Il obtient 57% des voix face à Ebrahim Raissi, à 38% d’après les chiffres du ministère de l’Intérieur. Le score du vainqueur dépasse de 5 millions celui qu’il avait réalisé lors de sa première élection en 2013. D’autre part, la participation, massive, se porte à 73% des inscrits, soit 41 des 56 millions d’électeurs. Une élection qui ne semble pas truquée comme en 2009.

Que cache cette vitalité démocratique apparente ?

De 1600 candidats fin avril, dont une centaine de femmes, le Conseil des gardiens de la Constitution n’en a validé que six. Ce Conseil, véritable « monarchie semi-élective et cléricale », est le véritable Guide de la république iranienne. A sa tête, le numéro un du régime, l’ayatollah Ali Khamenei, 77 ans, nommé à vie en 1989 par une assemblée élue de religieux. Il garde pour lui les prérogatives régaliennes et tient les rênes politiques et religieuses du pays, quand le Président coordonne le gouvernement et protège les institutions depuis que la fonction de Premier Ministre a été supprimée. Ce scrutin ne doit donc pas faire oublier qu’il s’inscrit au sein d’un régime théocratique en trompe l’œil, défenseur d’un système de chiisme politique.

Le bilan intérieur du président sortant ne fait pas l’unanimité

Hassan Rohani est qualifié de religieux modéré, réformateur et favorable à l’ouverture économique et l’entente avec l’Occident. Son premier mandat s’est terminé avec une inflation maîtrisée et une reprise de la croissance, à 4%. Cependant, empêché par l’appareil conservateur islamique, il a déçu beaucoup d’iraniens désireux d’un assouplissement des libertés civiles et de la charia.

Quelles perspectives offre la réélection du président Rohani ?

D’après Clément Therme, analyste à l’Institut international des études stratégiques (IISS), Rohani « va mettre l’accent sur l’économie » et « s’il y a une amélioration dans la vie quotidienne de la population, il renforcera sa position pour pousser les réformes dans le domaine des droits civiques ».

Au niveau international, son élection a été saluée par l’Europe, la Russie et l’Asie, qui croient en l’accord historique conclu sur le nucléaire civil en 2015 avec ce même président. En revanche, Washington reste hostile à l’Iran avec une politique de mesures coercitives, notamment bancaires, le président Trump ayant menacé de « déchirer » l’accord nucléaire.

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