La bonne santé affichée par la Banque de France en 2016 est le corollaire des déboires de la monnaie unique

Flags of France and Europe hang on the facade of the Bank of France headquarters in Paris

La Banque de France a annoncé lundi 13 mars dans un communiqué des chiffres qui semblent traduire la bonne santé financière de l’institution. Son bénéfice net s’établit ainsi à 3,52 milliards d’euros en 2016, en hausse de 58 % par rapport à 2015. La hausse du produit net s’explique notamment par la croissance du bilan, elle-même directement liée à la poursuite de la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE), dite d’ « assouplissement quantitatif ».

En quoi consiste cette politique, et quel est le rapport avec la Banque de France ?

Il s’agit d’un vaste programme de rachat de titres par la BCE sur le marché secondaire, qui cible en particulier les titres de dette des Etats de la zone Euro. Or, ce programme est mis en œuvre à 80 % par les banques centrales nationales. Depuis début 2015, la Banque de France a ainsi acquis pour 313 milliards d’euros d’actifs.

Que faut-il en conclure quant à l’avenir de la monnaie unique ?

Ce retour des banques centrales nationales sur le devant de la scène dans le cadre du SEBC s’apparente donc à une re-nationalisation de la gestion de la dette, ce qui est cohérent avec la divergence des taux d’intérêt payés par les Etats de la zone Euro depuis la crise. La logique nationale semble bien prendre le pas sur la logique communautaire qui prévaut dans le cadre de l’Eurosystème.

La politique menée par la BCE ne permet-elle donc pas d’enrayer la divergence entre les pays ? 

Non, au contraire : alors que l’objectif des mesures dites d’ « assouplissement quantitatif » est d’accroître uniformément la liquidité au sein de la zone Euro, en réalité, la liquidité n’irrigue pas les pays qui en manquent le plus, et se retrouve massivement dans les pays du Nord, Allemagne au premier chef. La zone Euro fait ainsi de plus en plus penser à un malade dont le sang se retire des membres et afflue à la tête. Autant dire que ses jours sont comptés.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s